Zones Humides : du trash sans intérêt

Zones_humidesL’agence Sixandco m’a récemment proposé de recevoir le livre "Zones Humides" de Charlotte Roche.
Je n’en avais jamais entendu parler donc je me suis rapidement renseignée sur le sujet.

Après quelques recherches sur le net, j’ai appris qu’il s’agissait d’un best seller en Allemagne, pays de son auteur (animatrice télé sur Arte), où il a été vendu à plus d’un million d’exemplaires d’une part, et d’autre part qu’il avait été l’objet d’une grande polémique.

Tu m’étonnes.

En effet, le livre raconte l’histoire d’Hélène qui se retrouve hospitalisée à la suite d’une fissure anale qu’elle s’est fait en se rasant l’anus. Bon déjà il y a plus ragoûtant comme pitch.

L’histoire se passe sur quelques jours, le temps de l’hospitalisation d’Hélène. Elle se fait opérer de l’anus au début du livre et sa sortie est conditionnée par sa capacité à aller à la selle. Tant qu’elle n’y sera pas allée, le médecin ne la laissera pas rentrer chez elle.

Et ça l’arrange bien de ne pas rentrer chez elle car elle veut absolument remettre ensemble ses parents qui sont divorcés. Elle espère donc pouvoir les réunir dans sa chambre d’hôpital lorsqu’ils viendront lui rendre visite.

Rien de bien trash dans tout ça me direz-vous. En effet, mais en fait pendant tout le temps de sa convalescence, Hélène nous raconte son rapport avec son propre corps, ses pratiques anti-hygiéniques et sexuelles.

Et croyez-moi, c’est vraiment dégueu, il n’y a pas d’autres mots. J’ai limite eu des hauts le cœur à certains passages.
Ils sont tous plus crades les uns que les autres mais je crois que celui qui m’a le plus marqué est quand elle explique que sa mère lui a toujours dit de ne pas s’asseoir sur la cuvette des toilettes publiques et que du coup, afin de la contredire, rien ne l’enchante plus que de se frotter le sexe sur le pourtour de la cuvette à chaque fois qu’elle va dans des toilettes publiques… et plus elle est sale, plus elle éructe de plaisir.
L’héroïne du roman est clairement bloquée au stade anal où elle recherche le total contrôle de son corps et de ses sécrétions,  afin de systématiquement contredire sa mère qui est très attentive à l’hygiène.

Beaucoup de critiques disent que ce livre est un pamphlet contre notre société complètement aseptisée, qui rejette ses propres saletés corporelles, et bla et bla et bla.

Mouais.

Je pense plutôt que si on en est arrivés là niveau hygiène c’est qu’il y avait des raisons : les odeurs, les bactéries, les maladies…
Après que certains soient plus obsédés que d’autres, certes, chacun son propre niveau de tolérance mais honnêtement concernant le livre j’ai envie de dire que trop de trash tue le trash.
Par moment, il s’agit d’une telle énumération de pratiques plusrépugnantes les unes que les autres que j’ai trouvé que cela n’avaitaucun intérêt pour l’histoire.

Charlotte_RocheCe qu’en dit l’auteur :

«Les femmes sont obsédées par la propreté et par l’idée de sedébarrasser de toutes les excrétions de leur corps et de leurs cheveux,explique Charlotte Roche.Alors j’ai voulu écrire sur les parties du corps humain qui dégoûtent.Les morceaux qui puent. Le jus du corps féminin. Pour raconter cettehistoire, j’ai créé une héroïne qui a plein d’idées pour s’occuper deson corps – quelqu’un qui n’a même jamais entendu parler de cette idéequi veut qu’une femme est censée sentir bon entre les jambes. Un espritlibre…» (source 20 minutes)

Je l’ai lu jusqu’au bout pour savoir la fin, pour savoir si justement toute cette énumération allait nous mener quelque part, un coup de théâtre, je ne sais pas… et en fait non.
L’explication réside en partie dans le fait que l’héroïne a des problèmes relationnels familiaux. Y-a t-il un lien de cause à effet ? Je pense que oui mais bon, il n’était peut-être pas nécessaire de pousser le vice aussi loin.

Je dois cependant avouer qu’une réplique de la toute dernière page m’a beaucoup fait rire (on va dire que c’est le seul moment du roman où j’ai vraiment ri de bon cœur à une vanne un peu grasse).

Pour faire monter la polémique, on apprend dans le communiqué de presse que :
– L’histoire d’Hélène Memel, serait autobiographique à 70%.
– L’auteur a interdit à ses parents de lire son livre et espère que sa fille ne le lira jamais.

Le petit journal dit que "Selon l’enquête du magazine Stern publiée le 22 avril 2008, les acheteurs sont des femmes entre 20 et 30 ans, des hommes de plus de 50 ans et des jeunes couples."

Les hommes de plus de 50 ans. LOL.

En bref, je pense que "Zones Humides" est un livre qui se lit par curiosité (ce qui fut mon cas) et qu’il ne faut pas forcément essayer d’y entrevoir plus que ce qui est écrit.

En tous cas, une chose est sûre : si jamais je devais rencontrer l’auteur, JAMAIS je ne lui serrerais la main !!! :D

PS : Si ça vous dit, Sixandco a créé un blog à l’occasion de la sortie du livre en français : zones-humides.fr
Il  s’agit en fait du blog d’Hélène dans lequel on retrouve des extraits du livre mis en scène en images et en vidéos…

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