Bon démarrage pour La Rafle

Préambule :
La raison qui fait que j’ai pour habitude d’assez peu écrire malgré le fait que j’ai toujours plein de choses à vous dire vient du fait que je suis trop perfectionniste, que je me relis beaucoup, que j’essaie de toujours faire des billets construits avec intro, développement et conclusion au lieu de laisser vagabonder mon esprit… j’ai décidé d’arrêter de faire ça, car c’est clairement contre-productif et frustrant pour moi (et peut-être chiant pour vous) donc ce billet est le premier rédigé d’une traite sans trop de relecture, au feeling.  J’espère que je ne vais pas vous perdre au milieu car il est assez dense…
Je précise que je l’ai rédigé hier soir, le 10 mars.

Fin janvier, il y a un petit bout de temps maintenant, j’ai eu le privilège grâce à Pingoo de pouvoir assister à une projection privée du film de Roselyne Bosch, La Rafle, qui est donc sorti hier.

Je pense que vous en avez tous entendu parler, La Rafle est un film sur la rafle du Vel d’hiv qui a eu lieu le 16 juillet 1942, lorsque plus de 13000 Juifs ont été enlevés pour être emmenés dans des camps de concentration.
Pour la distribution « connue » : Gad Elmaleh, Mélanie Laurent et Jean Reno jouent dedans.

Contrairement aux gens que nous avions invités avec Pingoo, qui organisait cette projection pour Gaumont (et à qui je donnais un coup de main), nous avions un peu été préparés à ce que nous allions voir car nous en avions pas mal discuté avec les gens de Gaumont auparavant. Nous savions que le film était une énorme claque et que la plupart des gens ressortaient de la projection très émus voire même incapables de prononcer un mot… ça donnait envie ! :P

Avant de voir le film, une copie de travail à l’époque, nous avions rencontré la réalisatrice qui nous avait raconté comment et pourquoi elle en était venue à écrire ce film.
Elle nous a expliqué qu’elle souhaitait faire un film avec le point de vue des enfants qui avaient été raflés ce jour là. Elle a donc  passé plusieurs années à réunir des informations sur le sujet et surtout à essayer de retrouver des enfants de l’époque qui auraient réussi à s’échapper et qui seraient encore vivants aujourd’hui pour lui raconter leur expérience.
Elle a fini non sans mal par en retrouver un : Joseph Weismann dont l’histoire est, entre autres, racontée dans le film.

Ce n’est pas évident de dire cela vu le sujet mais j’ai adoré ce film. Pas dans le sens « ouais cool l’histoire est chouette » mais dans le sens « whaouh, c’est un grand film ».
Pour moi sa force est son réalisme, son déroulement si factuel, et surtout je trouve qu’il ne sombre jamais dans le pathos. Il est émouvant, c’est peu de le dire, mais avec une grande justesse.
Au fur et à mesure que l’histoire se déroule on se dit : « mais ce n’est pas possible, comment ont-ils pu faire ça, ces gens qui sont des êtres humains comme ceux qu’ils ont envoyés dans les camps ». Ça peut paraître plein de bons sentiments de dire cela mais c’est tellement incroyable d’en prendre conscience à ce point…

Pour être honnête, en ce qui me concerne, cela fait assez peu de temps que j’arrive à me rendre compte de ce qu’a vraiment représenté la guerre de 39-45. Ça paraît complètement débile de dire ça, mais j’avoue que ce n’est pas en marquant le nombre de morts sur mes cahiers à l’école que je m’en suis rendue compte. Je pense que cette prise de conscience vient aussi avec le fait de grandir, de devenir adulte et de pouvoir s’imaginer à la place des personnes qui ont vécu ça.

J’ai récemment perdu ma dernière grand-mère et je me dis que j’aurais eu des tas de questions à lui poser, elle qui avait 20 ans pendant la guerre. Je me souviens qu’elle m’avait déjà vaguement parlé des tickets de rationnement il y a très longtemps mais là j’aurais vraiment eu des questions très précises, des questions d’adulte…
Mais voilà, le nombre de personnes qui ont vécu cette période et qui sont encore en vie s’amenuise et bientôt il n’y aura plus personne pour nous raconter ce qu’il s’est vraiment passé. C’est aussi pour cette raison que ce film existe, pour ce fameux « devoir de mémoire » auquel je ne comprenais pas forcément grand-chose il y a encore quelques mois et qui me donne envie de faire des recherches et de transmettre mon « savoir » aux plus jeunes aujourd’hui, pour que jamais personne n’oublie ce que l’Homme a été capable de faire. (et évidemment, ce que l’Homme fait encore à notre époque…)

Au final, je n’ai pas versé une seule larme (à mon grand étonnement) mais je me suis aperçue que j’avais tellement serré les dents pendant tout le film que j’avais super mal à la mâchoire en sortant.
Je n’ai pas voulu le revoir lors de la 2ème avant-première que Pingoo a organisé car je voulais retourner le voir avec ma mère et ma soeur et il ne faut pas abuser des bonnes choses… AHAH, « un peu d’humour ne fait jamais de mal ».
C’est « marrant », c’est vraiment un film pour lequel je ressens qu’il faut que j’aille le voir en famille (alors que j’ai dû aller au cinéma avec ma sœur seulement 3 fois dans ma vie…).

Ce soir, nous avons eu la chance avec Pingoo, d’être invités à la soirée « chiffres » de La Rafle dans les locaux de Gaumont France en compagnie des personnes qui ont collaboré au film.
C’était assez incroyable de se retrouver là, et surtout de voir qu’en 2010, pour obtenir les chiffres ville par ville et horaire de séance par horaire de séance, toute une armada de personnes passe sa journée et sa soirée au téléphone à appeler tous les cinémas de France :D
Comme le dit Pingoo : « C’est un peu comme regarder ses stats Xiti, mais ça prend 3 heures et 500 coups de fils »


Voici donc @gaumontfilms et moi-même en pleine soirée « chiffres »  !
Évidemment, il a fallu que je passe une soirée avec Mélanie Laurent (genre) le seul jour où je ne suis pas un minimum sapée…
(oui je frime un peu, et alors ? :P)
(pour l’instant people, Mélanie Laurent et Raphaëlle Agogué qui joue la maman de Joseph dans le film, et qui est française contrairement à ce que l’on pourrait croire,  sont encore plus belles en vrai !)

Nous avons pu discuter à nouveau avec Roselyne Bosch (pour la 3ème fois, on est presque intimes maintenant :P) et voir qu’elle était en meilleure forme que lors de la 2ème avant-première, où elle nous était apparue un peu lessivée après toutes ces années à travailler sur le sujet et à donner naissance à son film.
Ce soir tout le monde était content, malgré certaines critiques assez violentes, le film a su trouver son public lors de sa première journée en salle et c’est bien le principal. Je ne peux que lui souhaiter tout le succès qu’il mérite.

Pour finir je ne vous dirai qu’une seule chose : allez voir La Rafle. C’est un vrai film d’utilité publique. Plus efficace que n’importe quel cours d’histoire. Peut-être que vous ne l’aimerez pas autant que moi mais je suis persuadée qu’il ne vous laissera pas indifférents.

Et si vous voulez plus d’infos sur la rafle du Vel d’Hiv, allez voir les ressources pédagogiques très somplètes sur le site de Gaumont.

En me relisant ce matin, je me dis que ce billet n’a ni queue ni tête, que je vous parle finalement assez peu du film (alors qu’à la base je voulais caser tout plein d’infos historiques et d’anecdotes) mais je  me force à le laisser tel quel.
Dites-moi ce que vous en pensez :)

5 Comments

  • Ce film a l’air merveilleux…
    J’ai très, très envie de le voir. D’autant plus que c’est une partie de l’histoire qui me touche comme beaucoup de personnes bien sûr. Je m’attends donc a être « sous le choc ».

  • Ben mon papy a 88 ans, il a vécu la guerre, je sais qu’il a fait partie de la résistance puis de la milice mais il n’en parle pas plus. Il ne raconte jamais rien, même quand on lui demande. :| Grrr.
    Ma mamie elle a Alzheimer alors j’en apprendrais pas plus de ce côté. *sigh*

  • Comme tu le sais, j’ai beaucoup aimé ce film moi aussi. J’ai réussi à ne pas pleurer mais j’étais tellement crispée qu’en sortant j’ai filé tout droit au toilettes pour faire pipi (ahem…)

    Beaucoup reproche à La Rafle d’être un film trop lisse, c’est vrai que les décors sont parfois un peu « too much » et trop léchés (je pense aux 1ères scènes à Montmartre, et puis la musique d’Edith Piaf au tout début, un peu cliché quand même) mais la reconstitution du vélodrome d’hiver est impressionnante ! J’ai pris une grosse claque la scène où on l’on voit Mélanie Laurent qui entre dans la salle et découvre l’horreur en même temps que nous.

    J’ai été aussi bluffée par la prestation de Mélanie Laurent, qui joue de façon très juste et sans prétention.

  • L’autre jour, je suis allée au ciné voir le dernier Polanski (excellent) et je suis sortie les larmes pleins les yeux. J’y ai rencontré une « frangine » (la soixantaine), abasourdie, sortant de « La Rafle ». Elle disait comme vous que les mots lui manquaient, que tous les collégiens devraient voir et analyser le film avec leur prof d’histoire.

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